Un cours absolument inutile - Bruce Tadaka
Bruce Tadaka

Vétérinaire de formation, je n'ai que deux ennemis : la surconsommation et la bêtise humaine. Ami de la nature et adepte du grand air, je suis un communicateur naturel. Je suis dynamique et ouvert d'esprit, je laisse ici vagabonder mes pensées, mes opinions, mes expériences ou le résultat de mes réflexions au gré des jours.

Un cours absolument inutile

Un cours absolument inutile - Bruce Tadaka

Je voulais prendre des cours de cuisine depuis quelque temps. J’avais toujours voulu progresser dans ce domaine. J’adore, au quotidien, faire de bons petits plats à ma famille et à mes amis. Mais il me manquait un savoir-faire, que seul un bon cuisinier pouvait me transmettre. Le premier cours devait se tenir un samedi après-midi. Lors de mon inscription, un papier m’avait été remis avec les fournitures que je devais apporter : un tablier, une louche, un fouet électrique, des couteaux et un carnet pour prendre des notes. Le professeur était un particulier qui organisait les cours chez lui. L’adresse situait le lieu de mon cours à dix minutes à pieds de chez moi.

Le jour dit, je préparais un sac avec tout ce qui m’était demandé. Puis, je partais. Arrivé au coin de ma rue, je croisais un ami. Il m’accompagna, et, en parlant, nous nous sommes rendu compte que nous allions au même endroit. Enfin arrivés, nous constatons que la porte de la maison est fermée. Nous sonnons, mais aucune réponse ne nous parvient. Nous frappons à la porte. Une jeune femme en livrée vient nous ouvrir, nous fait entrer et nous demande de patienter dans le couloir. L’accueil un peu froid ne me plut vraiment pas. Pour qui se prenait-il, celui-là, pensais-je. Je constatais que mon ami était apparemment, lui aussi, contrarié par cette attente. L’heure tournait, et j’avais prévu de nombreuses activités dans ma journée. J’avais, entre autres, des recherches à effectuer, car je souhaitais revoir certains investissements avec mon planificateur financier.

Le professeur nous appela. Il se tenait dans la cuisine, entouré de toute sorte d’appareils d’électroménager. Sur le plan de travail, deux saladiers étaient posés. Il se présenta et commença. Je compris la demande du bloc-notes, car, à chaque étape, il détaillait dans un langage compliqué les actions qu’il effectuait. Pas si simple de suivre le discours du maître, tandis que j’essaie en même temps de monter des blancs en neige très fermes. La recette à l’ordre du jour était les îles flottantes. Je me demandais quelle utilité les couteaux auraient. Et, franchement, je ne suis pas très attiré par le sucré. J’espérais plutôt apprendre des techniques plus poussées. Je remarquais qu’il commettait des erreurs en fabriquant la crème anglaise : il oubliait de la tourner. Je sais bien que, si elle bout, c’est foutu, tout est à recommencer. Enfin le cours se finit. Avec mon ami, nous ne sommes jamais revenus. Mais nous nous retrouvons tous les deux chaque samedi pour échanger nos connaissances culinaires et nous avons beaucoup appris l’un de l’autre.